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    <title>Légendes</title>
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    <description>Les légendes sont un peu le patrimoine du Sundgau. Elles nous enseignent la vie quotidienne des Sundgauviens au Moyen-Âge mais nous fait également rêver...</description>
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      <title>La Rose de Noël</title>
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      <pubDate>Thu, 29 Jan 2009 17:33:15 +0100</pubDate>
      <description>&lt;a href=&quot;http://promsundgau.com/Promsundgau/Culture/Entrees/2009/1/29_La_Rose_de_Noel_files/rose-neige7b.jpg&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://promsundgau.com/Promsundgau/Culture/Media/object002_1.png&quot; style=&quot;float:left; padding-right:10px; padding-bottom:10px; width:184px; height:136px;&quot;/&gt;&lt;/a&gt;A la frontière franco-suisse, non loin de la ruine féodale du Landskron, aurait poussé jadis devant la croix d’un calvaire, un rosier merveilleux. Le seigneur du fief l’avait ramené de Palestine au temps des Croisades, et ce plant provenait d’un buisson de rosiers sur lequel la Vierge avait suspendu pour les sécher, les langes de son fils lors de la fuite en Egypte.&lt;br/&gt;Ce rosier avait la particularité de conserver, parmi ses roses blanches épanouies de l’été, un bouton obstinément fermé, qui ne s’ouvrait qu’en hiver sous la neige, au son des carillon de la messe de minuit.&lt;br/&gt;Cette rose unique rayonnait alors, tout l’office durant, d’une douce clarté, embaumant la nuit loin autour d’elle. La campagne touchée par sa lumière avait la fertilité assurée pour l’année à venir. En outre, quiconque voyait cette rose était sûr du bonheur sa vie durant...&lt;br/&gt;A premier son de la cloche annonçant la fin de la messe de minuit, la rose effeuillait lentement ses pétales qui disparaissaient dans la neige immaculée sans y laisser de traces.</description>
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      <title>L’Ondine de Morimont</title>
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      <pubDate>Tue, 3 Jul 2007 17:16:26 +0200</pubDate>
      <description>&lt;a href=&quot;http://promsundgau.com/Promsundgau/Culture/Entrees/2007/7/3_LOndine_de_Morimont_files/wills-princesse.jpg&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://promsundgau.com/Promsundgau/Culture/Media/object105.png&quot; style=&quot;float:left; padding-right:10px; padding-bottom:10px; width:184px; height:136px;&quot;/&gt;&lt;/a&gt;Mathilde de Morimont reçut de sa marraine, l’ondine, une pomme qui pouvait réaliser trois vœux. Lors de l’incendie du château de Morimont où périrent son père et sa belle-mère, elle s’enfuit et fût recueillie par une vieille servante qui l’employa à garder les oies.&lt;br/&gt;Un chevalier beau et riche donnait alors beaucoup de fête dans l’espoir d’y rencontrer la jeune fille de ses rêves.&lt;br/&gt;Mathilde fit le vœu de posséder une riche toilette et grâce à la pomme elle put se rendre deux fois au bal vêtue d’une magnifique robe et de bijoux étincelants.. A minuit, Mathilde devenait invisible et retrouvait la ferme.&lt;br/&gt;Le chevalier éperdument amoureux fit rechercher la belle inconnu en vain. Il sombra dans une mélancolie que nul remède ne pouvait guérir. Mathilde lui prépara une tisane, y glissa une bague que le chevalier lui avait offerte et la fit apporter au château par la vieille servante. Le chevalier reconnut la bague et exigea de rencontrer la gardeuse d’oies. Mathilde lui apparut alors vêtue de sa robe magnifique. Le chevalier et Mathilde se marièrent en formulant le dernier vœu : celui de vivre dans la paix et la confiance. &lt;br/&gt;Mais les aventures de Mathilde ne s’arrêtèrent pas là. Le chevalier partit en guerre et la jeune femme mit au monde un petit garçon. Sa belle-mère qui la considérait comme une roturière fit dire à son fils que Mathilde avait enfanté d’un monstre et fit jeter à l’eau le nouveau-né qui se noya. Elle tenta ensuite d’assassiner Mathilde dans un bain d’eau bouillante. C’est alors que l’ondine apparut, le petit garçon dans les bras, et d’un geste elle refroidit l’eau et Mathilde fût sauvée.&lt;br/&gt;Au même instant le chevalier ouvre la porte et se jeta dans les bras de sa femme. Depuis ils vécurent tous les trois heureux.</description>
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      <title>L’herbe qui fait errer</title>
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      <pubDate>Tue, 6 Jun 2006 18:01:00 +0200</pubDate>
      <description>&lt;a href=&quot;http://promsundgau.com/Promsundgau/Culture/Entrees/2006/6/6_Lherbe_qui_fait_errer_files/img035.jpg&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://promsundgau.com/Promsundgau/Culture/Media/object106.png&quot; style=&quot;float:left; padding-right:10px; padding-bottom:10px; width:184px; height:136px;&quot;/&gt;&lt;/a&gt;Une fois, la femme du Waldtony (2),lequel travaillait en forêt, voulut lui porter pour sou dîner (repas de midi) une de ces soupes d'Alsace qui vous réveilleraient un mort, tant elles ont un ravigotant fumet, une de ces soupes à côté desquelles toute autre semble fade, une de ces soupes où, avec tous les savoureux légumes, on trouve le fameux lard fumé dans les branches de sapin et les baies de genièvre, une de ces soupes, enfin, cuites sur un feu couvert de cendres et dans laquelle, tant elle a, pour l'amour des siens, mijoté son chef d'oeuvre, la ménagère semble avoir mis un morceau de son coeur.&lt;br/&gt;Lorsque, clairet, au fin matin carillonna l'Angelus, elle raviva la braise qui couvait sous la cendre, fit joyeuse flambée, mit à bouillir son eau, puis éplucha ses légumes que le soleil levant caressait d'aimables rayons, coupa une large tranche au côtis de lard entamé et jeta le tout dans l'eau frémissante.&lt;br/&gt;Vers l'âtre le chat ronronnait avec des yeux gourmands, de temps en temps se pourléchant par avance les babines, ou suivant rêveusement les spirales de vapeur, comme s'il y découvrait des choses surnaturelles.&lt;br/&gt;Le coq claironnait, par instants, les poules chantaient leur ponte, coricodè, sur la mare les canards étaient loquaces, et rric, rrac, le balancier de l'horloge à boite scandait les heures paisibles. La sixième tinta, calme et réfléchie comme sa maîtresse, qui soupira un « déjà » démontrant qu'elle avait bien des choses à faire encore, avant de se rendre à la clairière du Hêtre, où travaillait son homme.&lt;br/&gt;Surveillée toujours par le chat, voici que la soupe embaumait.&lt;br/&gt;On la sentait jusqu'au troisième grenier (3) où venait de grimper la ménagère, pour surveiller ses fruits.&lt;br/&gt;Septembre soufflait en froid là-haut, et la Mariannele dut se chauffer les doigts sous son fichu de laine, mais, avec un bon sourire elle dit&lt;br/&gt;- Va-t-il être content, mon Tony, d'avoir une soupe chaude!&lt;br/&gt;Rrric, rrac, l'horloge à boîte avançait et dans la marmite, à petits bouillons réguliers, pas un plus haut que l'autre, la soupe se dépêchait pour être prête à l'heure, consciente du rôle qu'elle jouait en le sacerdoce familial, avec une odeur alléchante de plus en plus, si bien que le chat avançait le col, pour humer à pleines narines la savoureuse vapeur. Il s'imaginait voir déjà dans son assiette la bonne couenne agrémentée d'une brave(4) bordure de lard transparent, car la ménagère alsacienne n'est pas chiche et elle aime ses bêtes.&lt;br/&gt;Rrric, rrac, l'horloge sonne onze heures.&lt;br/&gt;Il est temps de partir. Mariannele soulève le couvercle de la marmite, sourit à son chef d'oeuvre, en verse de bonnes pochetées dans chaque assiette de ses enfants qui vont rentrer, les uns de l'école, les autres des champs, leur pose la miche au milieu de la table avec deux terrines de lait caillé et des fruits, puis décroche son panier et, tout en le garnissant, soliloque ainsi :&lt;br/&gt;- Je mangerai avec lui, là-bas, cela me semblera meilleur. Voyons, ici, je mets le pain entouré de sa serviette blanche, par là, je cale ma bouteille de vin et il y a place encore pour les radis noirs, le fromage et une demi-douzaine de nos Gümpistäpfel (5) . Sur leurs trônes, rois et reines ne mangeront pas mieux que nous, d'autant qu'ils en ont lourd parfois sur la conscience sous leurs belles couronnes en or.&lt;br/&gt;Tout est prêt, si propre, si appétissant.&lt;br/&gt;Mariannele baisse sur ses beaux bras nus, ses manches de chemise, met sur sa tête un fichu bleu, je crois même qu'elle a souri devant son vieux miroir, car il lui renvoie un agréable visage illuminé d'yeux en lesquels son âme se mire une vraie âme alsacienne, naïve, claire, franche, honnête et affectueuse.&lt;br/&gt;La voici en route, tenant dans la main droite le petit pot-au-feu à support de métal, ayant pendu au bras gauche son panier bien garni.&lt;br/&gt;Ah! que la forêt est belle et le soleil, si gai, et qu'il fait bon vivre lorsqu'on est heureux en ménage et qu'on a de gentils enfants. Aussi Mariannele chante à plein gosier et les oiseaux lui répondent.&lt;br/&gt;Frrrt! un lièvre qui passe.&lt;br/&gt;- Que Dieu te préserve du chasseur! dit-elle.&lt;br/&gt;Malicieux, un écureuil lui lance une coquille de noisette et la regarde par côté.&lt;br/&gt;- Hé toi, la-haut, tâche de te mieux comporter.&lt;br/&gt;Elle marche, marche, voici le rond-point aux Épines, la sente du Diestelbach, le raccourci du Saut des Truites.&lt;br/&gt;- Pourvu que ma soupe demeure assez chaude! Ce serait vraiment dommage que mon cher homme ne la mange pas en sa neuve saveur.&lt;br/&gt;Bââm douze coups tombant d'un clocher.&lt;br/&gt;- Midi! comme je trouve le chemin long. Il me semble que je devrais être arrivée, du train où je vais. Tiens, mais je ne me reconnais plus. J'ai eu tort de traverser ce méchant fourré du soi-disant raccourci où j'ai déchiré l'ourlet de ma jupe. Il n'y a tel que de prendre le droit chemin, ainsi que le recommande la chanson, car ce qu'on gagne d'un côté, de l'autre on le perd.&lt;br/&gt;Bàâm! Une heure!&lt;br/&gt;- C'est fou, je me suis égarée, moi qui connais si bien la forêt, et voici ma soupe toute froide.&lt;br/&gt;Et Mariannele de courir, de prendre à droite, à gauche, encore par ici, puis par là, et plus elle va, plus elle perd la tête.&lt;br/&gt;Voici un étang qui lui est inconnu, une sapinière que jamais elle ne vit, une coupe où se prépare un charbonnage. Alors elle crie&lt;br/&gt;- Hé! y a-t-il du monde par ici?&lt;br/&gt;Pas de réponse. Elle se remet à courir, appelle encore, crie derechef.&lt;br/&gt;C'est le grand silence de la forêt sauvage, où grimpent de folles houblonnières, où fusent haut des fougères géantes, où sont inextricables les buissons, où les chasseurs ne s'aventurent qu'avec une hachette pendue à leur ceinture de cuir.&lt;br/&gt;Cette fois, Mariannele pleure et tant elle courut que la moitié au moins de sa soupe chavira par-dessus bords.&lt;br/&gt;N'en pouvant plus elle s'assied, prend quelque nourriture, boit un peu de vin.&lt;br/&gt;Plus calme, ensuite, elle reprend sa marche, mais se reconnaît de moins en moins et quand, bââm, sonne la sixième heure, elle gémit.&lt;br/&gt;- Passerai-je donc la nuit en cette solitude! Que vont devenir mes pauvres petits et que dira mon mari en rentrant!&lt;br/&gt;Une clairière, enfin, le soleil sombrant eu une mer de pourpre et d'or et au pied de ce grand chêne, vis‑à‑vis, une pieuse niche vers laquelle elle se hâte et où elle voit une statue de sainte Catherine, tenant en sa dextre une palme et s'appuyant de la main gauche sur la roue de son martyre.&lt;br/&gt;-Oh! douce sainte, ayez pitié de moi, gémit la malheureuse égarée, j'ai beau ne pas être votre filleule,  je suis donc la fille d'un meunier(6), vous savez, celui dont la roue tournait dans l'Ill du côté de la Pfalzeäggerte d'où une route descend vers Ferrette :Vous devez bien me connaître et savoir qu'il n'y a rien à dire sur mon compte.&lt;br/&gt; &lt;br/&gt;Dans la gloire du couchant voici que, malicieusement, lui sourit la. sainte et qu'elle pointe vers elle sa verte palme de martyre, disant:&lt;br/&gt;‑ Dü Daïde dü! (7) soulève le bas de ta jupe, là où te la déchirèrent les ronces est entrée une semence d'Irrkrüt,   enlève-la  vite et tu retrouveras la bonne route.&lt;br/&gt;- Oh! merci, mille fois merci, sainte Catherine, et que Dieu le Père, Dieu le Fils, Dieu le Saint-Esprit vous le rendent. Jusqu'à mon dernier soupir vous aurez ma reconnaissance, et chaque soir je vous dirai ma prière  de souvenir. Pensez donc, s'ils vont être heureux de me revoir, tous les miens!&lt;br/&gt;Tandis que la sainte continue à sourire, Mariannele cherche fiévreusement et finit par trouver la semence de l'herbe qui fait errer, pas plus grande qu'une tête d'épingle, logée en l'ourlet de sa robe, et frotte la place où elle s'était incrustée avec une feuille humide, sachant que si le moindre de ses petits poils y demeurait, persisterait l'enchantement.&lt;br/&gt;Tout est parti et aussitôt la brave femme finit d'errer, retrouve la bonne route, arrive même à la maison avant son homme.&lt;br/&gt;O miracle! le pot est empli de soupe bouillante, meilleure encore que celle de ce matin. Toute la famille  s'assied l'entour et la déguste avec componction en écoutant l'odyssée de la ménagère, qui la dit, tantôt en larmoyant, tantôt en riant, et la termine par ces paroles&lt;br/&gt;- J'étais donc (8) la fille d'un meunier, c'est pourquoi la sainte m'a exaucée si gracieusement.&lt;br/&gt; &lt;br/&gt;(1) Irrkrüt : sa description varie en chaque version. Mentionnée en maint endroit, elle sert aux enchantements, aux filtres, aux vengeances. Dès qu'on en a sur soi, on perd la mémoire, on ne retrouve plus son chemin, on fait mille bêtises.&lt;br/&gt;(2) Waldtony: le Tony de la forêt, donc un travailleur des bois. Souvent l'énoncé du métier ainsi précède le nom. La Gùffemadlé (Madeleine aux épingles), une mercière. Le Käspeter (Pierre du fromage), un marchand de fromage. Le Mürehans (Jean des murailles) mi maçon.&lt;br/&gt;(3)  Les greniers, sous les grands toits d'Alsace, ont généralement trois étages a destinations diverses. Souvent les fruits occupent le dernier et chaque semaine la ménagère les passe en revue, enlevant ceux qui commencent â se «piquer».</description>
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      <title>Le Noël des petits oiseaux</title>
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      <pubDate>Tue, 6 Jun 2006 17:57:13 +0200</pubDate>
      <description>&lt;a href=&quot;http://promsundgau.com/Promsundgau/Culture/Entrees/2006/6/6_Le_Noel_des_petits_oiseaux_files/oiseaux%202.jpg&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://promsundgau.com/Promsundgau/Culture/Media/object107.png&quot; style=&quot;float:left; padding-right:10px; padding-bottom:10px; width:184px; height:136px;&quot;/&gt;&lt;/a&gt;Un soir de Noël, il faisait si, si froid, en Alsace, que tous les petits oiseaux du Sundgau et du Nordgau se rassemblèrent dans la vallée du Tannenberg, espérant se réchauffer en se serrant les uns contre les autres.&lt;br/&gt;Et ils pépiaient lamentablement, ayant aussi faim que froid, et sûrement ils allaient tous mourir, quand, venant de l'office sur sa blanche haquenée, parut la noble dame que Frédéric de Linange (1) loua en ses délicieuses chansons.&lt;br/&gt;Comme elle était aussi bonne que belle, la détresse des chantres ailés profondément l'attrista, et, vite, elle envoya ses gens chercher toutes les miches de pain et tous les sacs de blé qu'ils purent trouver dans le voisinage, afin d'offrir à ses petits amis un festin digne de Noël.&lt;br/&gt;Lorsqu'ils furent repus, ils remercièrent en choeur la dame tant aimée de Linange en lui chantant un hymne de Nativité si, si beau, que tous ceux qui l'entendirent se mirent à pleurer et à joindre les mains et tombèrent à genoux dans la neige, alors qu'au-dessus du couchant rose, ils virent un choeur d'anges accompagner, sur la viole et le rébec, la chanson des petits oiseaux.&lt;br/&gt;Qu'elle remonte à l'époque de la dame de Linange, ou à quelque autre, cette Noël des petits oiseaux est assurément une coutume très vieille, puisque, dans les environs de Schlestadt, les conteurs de veillées narrent un terrible accident arrivé à une bande d'enfants qui, allant « quérir la gerbe » furent écrasés par les Suisses, venus au secours de René de Lorraine, le Téméraire menaçant sa bonne ville de Nancy.&lt;br/&gt;Les Suisses ne virent pas les tout petits, et leurs chevaux lancés au galop les piétinèrent horriblement.&lt;br/&gt;C'est donc au delà de 1476, et peut-être bien au delà - jusqu'en la civilisation païenne, qui sait? - qu'il faudrait chercher l'origine de cet usage.&lt;br/&gt;Voici son cérémonial, que nous retrouvons du reste dans une partie de la Suisse occidentale et ailleurs.&lt;br/&gt;La veille de Noël, chacun rentrait à la maison, laissant la rue aux enfants.&lt;br/&gt;Vacillants, les plus petits, conduits par les plus grands, sortaient des maisons et des chaumières, emmitouflés au possible, riant à tout le bonheur promis.&lt;br/&gt;Bientôt ils formaient une longue procession qui, pêle-mêle, se mettait en branle, et un joyeux pépiement commençait.&lt;br/&gt;- Gän ietz us*! (donnez maintenant dehors), scandé plus distinct et plus fort devant chaque porte de maison.&lt;br/&gt;- Gän ietz us! än ietz us! avec un arrêt subit de la troupe.&lt;br/&gt;La porte s'ouvrait au large, et parfois la fenêtre des mères étaient là, des aïeules, des jeunes gens souriants; on donnait aux mioches quelques beaux épis de blé, - ceux que, orgueil de la moisson, on avait depuis l'été piqués, en souvenir, derrière le crucifix de la salle basse, ou derrière la glace. Mais, après le don des épis, un autre don venait dégringoler en cascades des fenêtres, ou des perrons: pluie de noix, de noisettes, de pommes, de bonbons, mais surtout de tranches de birewecke (2).&lt;br/&gt;Tous les marmots se précipitaient pour ramasser et croquer, les adroits raflant presque tout, à moins que, ainsi que cela se passait en certains villages, un père de famille ou le sacristain ne fût chargé d'accompagner la bande avec un grand sac, dans lequel les cadeaux étaient mis en commun pour être équitablement partages après la récolte.&lt;br/&gt;Et de nouveau le « gän ietz us »  recommençait. &lt;br/&gt;Parfois tombait la neige, les petites mains frileuses se cachaient dans les poches, dans les fichus, sous les tabliers, les nez  devenaient roses, on se bousculait, il y avait tout à la fois des pleurs et des rires, gerbe grandissait&lt;br/&gt;Quand à toutes les portes on avait frappé et récolté, c'est vers l'église que se dirigeait le cortège,et c'était alors le droit des enfants de tirer le premier coup des cloches de Noël (S'erste Wienächtslüte z'zieh). &lt;br/&gt;Sitôt la sonnerie terminée, le sacristain venait lier la grande gerbe qui fleurait encore la moisson, la gerbe blonde aux lourds épis penchés, et, sur la place, généralement devant l'église, au haut d'une perche ornée de rubans aux couleurs vives, il piquait le don des petits enfants aux petits oiseaux. (3)&lt;br/&gt;Régalez-vous, hôtes ailés, semblaient-ils dire, comme nous demain soyez heureux. Noël! Noël pour les petits oiseaux, Noël pour les petits enfants (4)! &lt;br/&gt;Et c'est au milieu des histoires de guerres et de rapines, de calamités et de vie violente, qu'on rencontre un souvenir de ce charmant usage!&lt;br/&gt;En le cueillant, ainsi qu'une fleur égarée en un lieu farouche, comme on remercie celle qui institua la Noël des petits oiseaux!&lt;br/&gt; &lt;br/&gt;(1) Célèbre Minnesänger qui accompagna Louis V de Thuringe dans sa croisade de 1190. Très émue d'un tel hommage, la protectrice des chantres ailés institua pour eux cette fête, qui, hélas! se perd d'année en année, demeurant à peine, dans quelques villages reculés, pratiquée ou connue.&lt;br/&gt;(2)  Pain de poires : gâteau traditionnel de la Nativité et du jour de l'an; - le cugnot de l'arrondissement de Belfort, - le panpéry de Provence.&lt;br/&gt;(3)  Dans certains villages, la gerbe s'attachait au clocheton de la maison commune, dans d'autres au-dessus de l'école.&lt;br/&gt;(4) Ce tribut aux chantres ailés, nous le trouvons aussi aux fêtes de la moisson : au bord de chaque champ, le cultivateur était tenu de laisser une mince bande d'épis, pour les oiseaux, et défense formelle était faite aux glaneurs d'y toucher.&lt;br/&gt;* voir la légende &amp;quot;L'Herbe qui fait errer&amp;quot;</description>
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      <title>La Dame blanche de Rougemont</title>
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      <pubDate>Tue, 6 Jun 2006 17:50:50 +0200</pubDate>
      <description>&lt;a href=&quot;http://promsundgau.com/Promsundgau/Culture/Entrees/2006/6/6_La_Dame_blanche_de_Rougemont_files/img034.jpg&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://promsundgau.com/Promsundgau/Culture/Media/object108.png&quot; style=&quot;float:left; padding-right:10px; padding-bottom:10px; width:184px; height:136px;&quot;/&gt;&lt;/a&gt;La ruine de Rougemont (1) est hantée par une dame blanche qui se montre de préférence à des enfants, ou à des jeunes filles, leur parlant d'une voix très douce, très triste, et leur demandant de la sauver pour l'amour de la Vierge Marie et de Mme Sainte Catherine, ce qui leur vaudra de grands trésors. Un jour, une fillette du village la vit fouiller dans les pierres écroulées. - Viens ici, Jeannette, lui dit-elle, je te connais depuis longtemps et je sais que tu es assez brave pour me pouvoir sauver.&lt;br/&gt;Vas-tu avoir pitié de moi, je suis tant malheureuse.&lt;br/&gt;- Mais oui, belle dame, répond l'enfant, je veux bien avoir pitié de vous, faire ce que vous me direz, pourvu que cela ne nuise pas à mon salut éternel!&lt;br/&gt;- Sois tranquille, je. ne te demanderai rien qui puisse te porter tort. Voici, il faut que tu viennes ici une nuit de vendredi. Quand il sonnera onze heures tu crieras très fort  « Sainte Vierge et Sainte Catherine, protégez-moi (2) Sur ce, tu verras arriver vers toi un dragon qui crache des flammes. Il ne faut pas en avoir peur, mais l'empoigner par la gueule, puis plonger ta main dans cette gueule. Sous sa langue tu trouveras une clef d'or. Prends-la et descends l'escalier de la ruine. Au fond d'un couloir il y a une porte que tu ouvriras avec la clef d'or, et derrière cette porte tu trouveras un riche trésor qui sera pour toi, sauf le ciboire en or, garni de pierreries, que tu porteras au desservant de la paroisse. La première fois qu'il dira la messe avec, je serai sauvée.&lt;br/&gt; L'enfant obéit, mais quand elle se trouva en présence du dragon, sa frayeur fut telle qu'elle n'eut pas le courage de l'affronter et qu'elle se sauva en poussant des cris terribles.&lt;br/&gt; Elle entendit alors la dame blanche gémir et dire:&lt;br/&gt;- Ah! mon Dieu, me voici encore prisonnière pour cent ans!&lt;br/&gt; &lt;br/&gt;(1)  Rougemont est sis en territoire de Belfort et son château a été vraisemblablement détruit par les Suédois. Le dernier descendant des de Rosen auxquels appartint la seigneurie, fut Eusèhe-Octave-Augustin qui mourut en 1774 ne laissant qu'une fille, qui épousa le fils du maréchal de Brogue. Une tradition veut que des trésors, enfouis dans le souterrain lors de l'arrivée des Suédois, demeurent sous les ruines.&lt;br/&gt;(2)  Les deux autels latéraux de l'église de Rougemont sont consacrés l'un à la Vierge, l'autre à sainte Catherine.</description>
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      <title>La légende des cigognes</title>
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      <pubDate>Tue, 6 Jun 2006 17:20:13 +0200</pubDate>
      <description>&lt;a href=&quot;http://promsundgau.com/Promsundgau/Culture/Entrees/2006/6/6_La_legende_des_cigognes_files/cigognes.jpg&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://promsundgau.com/Promsundgau/Culture/Media/object109.png&quot; style=&quot;float:left; padding-right:10px; padding-bottom:10px; width:184px; height:136px;&quot;/&gt;&lt;/a&gt;Ce matin-là, au milieu du Paradis terrestre, le Seigneur Dieu se dit :&lt;br/&gt;- Il me faut encore des oiseaux annonciateurs pour porter à travers le monde mes mots d'ordre, dire à tous l'heure de la belle saison et celle des frimas.&lt;br/&gt;Le ciel était bleu, bleu, bleu, ce qui est la plus noble et tendre couleur qui soit.&lt;br/&gt;Tous les arbres étaient en fleurs, blancs, blancs, blancs, ce qui est la plus pure couleur qui soit.&lt;br/&gt;Et le soleil se hâtait vers son but, en déversant sur toutes choses ses doux rayons jaunes, jaunes, jaunes, ce qui est la plus riche couleur qui soit.&lt;br/&gt;Tout en se chauffant béatement en cette printanière température, tout en humant les délicieux parfums que lui apportait la brise, le Seigneur Dieu s'avouait qu'il avait créé là d'admirables choses, et, se frottant les mains, il s'en délectait avec satisfaction profonde, sans vergogne aucune.&lt;br/&gt;Allant du bleu du ciel au blanc des arbres, son regard s'attardait et son front plissé démontrait que profondément il réfléchissait.&lt;br/&gt;Soudain, il s'écria :&lt;br/&gt;- Le ciel est bleu, donc mes oiseaux annonciateurs seront de la nuance des arbres en fleurs, et leur vol sera pureté sur tendresse.&lt;br/&gt;Il prit une poignée de pétales aux fleurs des cerisiers, une autre à celle des pruniers, une troisième à celles des poiriers, les jeta en l'air en murmurant la parole créatrice, et les cigognes furent, s'envolant joyeusement dans l'immensité sereine.&lt;br/&gt;Mais voici qu'un jaune rayon de soleil les éclaira, et leurs becs, leurs pattes, semblèrent de l'or en fusion.&lt;br/&gt;Le Seigneur Dieu eut un cri admiratif, car son oeil d'artiste vit de suite qu'avec le bleu et le blanc, le jaune était une couleur nécessaire, et il cria au rayon de soleil:&lt;br/&gt;- Que pattes et becs des cigognes toujours demeurent d'or fin!&lt;br/&gt;La livrée des cigognes fut donc blanche et dorée, sauf le petit diamant noir de leurs yeux, et sur le ciel d'azur leur vol formait une harmonie de tons absolument parfaite.&lt;br/&gt;Quand chaque printemps elles revinrent en Alsace, clapp, clapp, clapp et clipp, clipp, clipp, cites se mirent à raconter leurs histoires d'Orient avec une telle non pareille volubilité qu'on ne les comprenait pas toujours très bien. Mais l'essentiel était de savoir, n'est-il pas vrai, que revenaient les beaux jours.&lt;br/&gt;Le mot d'ordre aussitôt circulait partout, frémissant à travers le sol plantureux, en l'onde mouvante, dans l'air poudré d'atomes.&lt;br/&gt;Sous les feuilles sèches s'éveillait la coccinelle (1), disant :&lt;br/&gt;- Ah! que j'ai donc bien dormi!&lt;br/&gt;Les dames d'or se mettaient à paresser à l'entour des rosiers, les pervenches ouvraient leurs beaux yeux tendres, le bois-joli étirait ses grappes lilas, le cytise allongeait les siennes, la violette embaumait, le gazon devenait couleur d'émeraude, et tous les arbres revêtaient leur neuve robe de Pâques.&lt;br/&gt;Les cloches alors chantaient alleluia, et clapp, clapp, clapp, et clipp, clipp, clipp, les cigognes avec elles chantaient, volant autour du clocher comme si toute l'allégresse du printemps frissonnait dans leurs blanches ailes.&lt;br/&gt;Mais voici qu'un beau matin, en arrivant d'Égypte, la reine qui vole toujours en tête de la troupe, ramage, ce clappement allongé qui veut dire halte, et au lieu d'aller s'abattre à son habitude sur les hauteurs de Thann, le vol des cigognes se mit à tourner, tourner, tourner, tout autour du Champ du Mensonge, descendant de plus en plus bas vers la terre avec un bruit de becs assourdissant, car toutes elles clappaient éperdument, depuis la reine à l'avant, jusqu'au moindre lieutenant par côté, jusqu'au tout petit Nestgigser (2) dernier de l'arrière-garde.&lt;br/&gt;C'est que là, en bas, le grand, le vaste champ était couvert de blessés, de mourants, de cadavres, et de sinistres vols de corbeaux croassaient alentour d'eux.&lt;br/&gt;Le sang formait des mares et la Thür (3) coulait teinte en rouge.&lt;br/&gt;Il y eut parmi les cigognes une stupeur, laquelle un instant arrêta leur ramage, et de lourdes larmes, car ainsi que les humains les chers oiseaux du Seigneur Dieu savent pleurer, roulèrent dans les diamants noirs que sont leurs yeux.&lt;br/&gt;La reine essaya d'interroger les corbeaux, mais ils étaient trop ardents à la curée pour lui répondre.&lt;br/&gt;Elle en avisa un, pourtant, qui repu, gonflé comme une outre, perchait sur un roc, bâillant à chaque instant à se décrocher son vilain bec, tant il avait la digestion mauvaise, et lui répéta impérativement sa demande.&lt;br/&gt;Subissant l'ascendant de l'oiseau du Seigneur Dieu, l'oiseau du Seigneur Lucifer répondit en rechignant&lt;br/&gt;- Ben, que voulez-vous, brave dame, c'est la guerre qui nous prépare de bonne pitance. Nous ne vivons pas d'eau de source (4) et d'azur comme vous autres, nous prisons la substantielle nourriture. Or, aujourd'hui c'est festin de gala, et c'est chair blanche et fine dont nous nous régalons. Le Débonnaire a été battu par trois de ses fils, trahi par ses sujets. Ah! ce fut un fier et rude combat, l'odeur du sang se répandait jusqu'au Blauen et plus loin encore résonnait le bruit des armures... Que j'ai donc bien dîné!&lt;br/&gt;- Alors, s'écria la reine, ce fut un combat entre frères et contre un père!&lt;br/&gt;- Entre frères et contre un père ! répétèrent toutes les cigognes, jusqu'au petit Nestgigser à l'arrière du vol.&lt;br/&gt;Et pendant plus d'une heure, en un éperdu ramage, elles exprimèrent leur sainte indignation, puis la souveraine ayant repris le vol, elles la suivirent, allant se percher sur une colline, où jusqu'au crépuscule elles délibérèrent sur la conduite à tenir.&lt;br/&gt;Pour ces oiseaux familiaux, si respectueux, si bons pour leurs vieillards (5), si solidaires les uns des autres, la bataille de ce jour était le crime des crimes, et toutes se mirent d'accord sur ce point qu'il était, nécessaire absolument de protester auprès du Seigneur Dieu.&lt;br/&gt;De temps en temps, le Nestgigser glapissait de sa voix de tête :&lt;br/&gt;- Je veux m'en aller d'ici, na!&lt;br/&gt;Mais un vieux cigognard, de l'arrière-garde, lui aussi, à cause de ses rhumatismes, lui expliqua que les humains se battaient ainsi dans les cinq parties du monde, malgré tout ce qu'on avait fait pour les en dissuader, malgré le bon Christus qui était venu leur prêcher de s'aimer les uns les autres, comme on s'aimait parmi les bonnes cigognes.&lt;br/&gt;- D'aucuns même ont, de la guerre et des brigandages, fait un métier!&lt;br/&gt;Oui, mon enfant, c'est comme ça!&lt;br/&gt;Puis, ayant un petit temps passé en revue ses vieux souvenirs, il ajouta :&lt;br/&gt;- Et comprends donc que le Seigneur Dieu compte sur nous pour le mot d'ordre des saisons. Que deviendraient ces braves gens de l'Alsace si nous les abandonnions? Ce n'est pas de leur faute, voyons, si une troupe de méchants a décrété la guerre.&lt;br/&gt;Mais le Nestgigser ne voulut rien entendre continuant à glapir :&lt;br/&gt;- Je veux m'en aller d'ici, na!&lt;br/&gt;Découragé, le bon vieux cigognard replia une de ses pattes engourdies sous l'aile, pour la chauffer un brin, pencha sa tête vénérable et ferma ses yeux de diamant noir, essayant de se reposer du long voyage, car il avait toute confiance en la sagesse des vaillants de l'avant-garde.&lt;br/&gt;Quand le doux soleil prépara son coucher et que rouge devint le ciel, comme rouge était le sinistre champ du carnage, les cigognes eurent terminé leur vote et l'on tira au sort les membres de la délégation qui devait aller trouver le Seigneur Dieu à l'aube et lui soumettre la pétition suivante :&lt;br/&gt;- Nous cigognes, douloureusement émues par les horreurs que nous venons de voir, demandons humblement au Roi des Mondes la permission de prendre le deuil de nos illusions et de nous teindre les ailes en noir, afin de faire comprendre aux cruels humains notre non pareille indignation, notre chagrin inconsolable.&lt;br/&gt;Le Nestgigser n'était pas content du tout, étant très fier de ses ailes blanches et les voulant garder ainsi. Aussi continua-t-il à piailler très avant dans la nuit, si bien que sa mère dut le fustiger de quelques bons coups de son long bec.&lt;br/&gt;Le Seigneur Dieu, quand arrivèrent ses oiseaux, respirait une rose au parfum suave. Il fit semblant de la humer encore plus fort... or, c'était tout simplement pour cacher ses larmes, vu qu'il avait un gros chagrin, lui aussi, de cette guerre impie. Mais, vous comprenez que sa dignité ne lui permettait pas de le laisser voir.&lt;br/&gt;- Qu'est-ce que vous me voulez, vous? dit-il brusquement; ne m'assourdissez donc pas tant avec vos clipp, clapp, parlez chacune à votre tour et que la plus ancienne commence.&lt;br/&gt;Un peu intimidées elles obtempérèrent à son désir, exposèrent avec tact et mesure leur émouvante requête, puis un grand silence régna, durant lequel le Seigneur Dieu profondément se recueillait.&lt;br/&gt;- Allons, dit-il enfin, mes sages oiseaux, vous avez raison, prenez le deuil, mais un deuil restreint qui ne m'abîme pas trop l'harmonie de tons que vous formez sur le ciel bleu, trempez le bout seulement de vos ailes dans le noir de la désillusion et que ce noir soit brillant comme les diamants de vos yeux.&lt;br/&gt;Depuis ce jour, blanches, jaunes et noires devinrent les chères cigognes.&lt;br/&gt;Mais c'est le Nestgigser qui fit une vie au retour de la délégation.&lt;br/&gt;Deux jours après encore, et clipp, clipp, clipp, sur le mode le plus aigu, il glapissait :&lt;br/&gt;- Je veux m'en aller d'ici, na! Et je veux garder mes ailes blanches.&lt;br/&gt;Rien n'y fit, il fut bien obligé de se soumettre.&lt;br/&gt; &lt;br/&gt;(1) Coccinelles et dames d'or jouent un grand rôle dans nombre de légendes alsaciennes. La première passe pour un envoyé du ciel: à Strasbourg, on la nomme Hergottskäfer: scarabée du Seigneur Dieu. A Mulhouse, Liebehergottskäfer  : scarabée du cher Seigneur Dieu. Ailleurs, Mariakäfer  : scarabée de Marie; ou Sonnenkäfer  scarabée du soleil, etc. Elle est un porte-bonheur et un avertisseur de réussites. Par contre, la dame (l'or jouit d'une renommée détestable. Elle porte malheur, annonce la présence du diable, se plait en la société des sorcières et des criminels. Ses surnoms s'en ressentent. Teufelskäfer: scarabée du diable. Teufelspferd : cheval du diable. Hagelkäfer scarabée de grêle, Hexenkäfer scarabée des sorcières.&lt;br/&gt;(2) Le Nestgigser (de Nest : nid, et de gigsen piailler sur un mode aigu) est le dernier-né d'une couvée, celui qui est le plus faible, partant le plus gâté, souvent le plus criard. Chez les cigognes, très familiales, on place à l'arrière, pendant le vol de migration, les Nestgigsers que les valides soutiennent à tour de rôle, et l'on fait de même pour les pauvres vieux et vieilles de la bande, une grande solidarité régissant ces oiseaux pour lesquels les Alsaciens ont toujours eu un véritable culte.&lt;br/&gt;(3) Rivière passant à Thann et non loin du Champ du mensonge.&lt;br/&gt;(4) L'une des principales nourritures des cigognes, avec les batraciens, c'est le serpent, animal d'enfer lui aussi. Selon la tradition populaire (voir les études de Stöber sur les Gespengsterthiere) Dieu a chargé ses oiseaux bénis de les chasser sans merci.&lt;br/&gt;(5) Les cigognes apportent la nourriture â leurs vieux parents qui ne peuvent plus l'aller quérir et la déposent dans leur bec ouvert ainsi qu'elles le font pour leurs cigogneaux.</description>
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      <title>La légende de la Carpe d’Or</title>
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      <pubDate>Tue, 6 Jun 2006 17:15:39 +0200</pubDate>
      <description>&lt;a href=&quot;http://promsundgau.com/Promsundgau/Culture/Entrees/2006/6/6_La_legende_de_la_Carpe_dOr_files/wpe14654.jpg&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://promsundgau.com/Promsundgau/Culture/Media/object110.png&quot; style=&quot;float:left; padding-right:10px; padding-bottom:10px; width:184px; height:136px;&quot;/&gt;&lt;/a&gt;En ce temps là, le fils du Comte de Ferrette aimait à se promener du Côté de Liebsdorf. Un jour, il rencontra une jeune bergère dont la beauté l'éblouit. Eperdument amoureux de la belle et n'osant lui déclarer sa flamme, il exprima son amour en un poème qu'il grava sur la pierre où elle aimait se reposer. Séduite par ce doux message, la bergère accepta aussitôt d'épouser le chevalier. Hélas, fallait-il encore convaincre le Comte de Ferrette qui s'opposa à de telles épousailles. Croyant l'exploit impossible, le Comte exigea de la bergère qu'elle accomplisse quelqu'action extraordinaire qui la rende digne de ce mariage. Confiante, la jeune fille lui proposa de goûter à ses mystérieux Poissons d'Or. Intrigué, celui-ci accepta. Elle alla alors pêcher des carpes qu'elle prépara à sa façon et fit dorer à l'huile. Conquis par les délices qui lui étaient proposés, le Comte accepta bien volontiers l'union de son fils et de la bergère. Il leur fit construire un château sur la pierre témoin de leur idylle, endroit désormais connu sous le nom de Liebenstein qui signifie &amp;quot;pierre de l'Amour&amp;quot;. C'est ainsi que la Carpe frite devient un mets si prisé dans le Sundgau.</description>
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      <title>Les nains de la Gorge-aux-Loups</title>
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      <pubDate>Tue, 6 Jun 2006 16:57:31 +0200</pubDate>
      <description>&lt;a href=&quot;http://promsundgau.com/Promsundgau/Culture/Entrees/2006/6/6_Les_nains_de_la_Gorge-aux-Loups_files/lutins.jpg&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://promsundgau.com/Promsundgau/Culture/Media/object111.png&quot; style=&quot;float:left; padding-right:10px; padding-bottom:10px; width:184px; height:136px;&quot;/&gt;&lt;/a&gt;La Gorge-aux-loups est à une demi-lieue au sud de Ferrette. Elle s’enfonce profondément dans la montagne, entre les rochers de l’Heidenflüe. Il y a bien des siècles, un petit peuple de nains habitait là ; ils avaient élu domicile dans d’innombrables petites chambres taillées à même le roc. Ils vivaient par groupe de deux, homme et femme, dans une entente parfaite. Tous leurs ustensiles familiers, en particulier leurs instruments de culture et de jardinage, étaient d’argent brillant et joliment travaillé.&lt;br/&gt;Ces nains jouissaient depuis un temps immémorial d’une éternelle jeunesse. Tous ceux qui avaient réussi à les voir vantaient l’agrément de leur personne et surtout l’éclat particulier de leurs yeux, luisants comme les étoiles. Ils n’avaient jamais d’enfants. Il leur plaisait de sortir de leur solitude et de fréquenter les humains du pays, dont leur jolie petite voix douce imitait le langage.&lt;br/&gt;Au moment des foins et de la moisson, leur foule grouillante sortait généralement des cavernes ; ils venaient avec leurs instruments aratoires, s’alignaient avec les faucheurs et faisaient tomber dru le blé mûr sous les coups de leurs faucilles. Dans les villages du pays, presque chaque ménage avait son petit couple de nains qui prenait part à ses peines et à ses joies ; quand ils passaient le seuil de la maison, c’était toujours fête ; ils ne se retiraient pas sans laisser de beaux cadeaux à tous, jeunes ou vieux.&lt;br/&gt;Les gens se montraient pleins de gratitude pour leurs petits bienfaiteurs. Les jours de fêtes patronales ou de festins de noces ils leur réservaient les premières places, leur servaient les meilleurs morceaux et le vin le plus doux du Cellier. Mais il y avait une chose qui leur déplaisait chez ces petits nains; c'est qu'ils portaient de très longs vêtements qui tombaient jusqu'à terre et cachaient toujours leurs pieds.&lt;br/&gt;Quelques jeunes filles ne résistèrent pas à la tentation de savoir comment ces pieds étaient faits. Un jour, elle montèrent, avant le lever du soleil, vers la Gorge-aux-loups; il y avait, à l'entrée, une large plate-forme rocheuse; elles répandirent là du sable fin. &amp;quot;Quand les nains, pensaient-elles, iront faire leur promenade matinale, il faudra bien que leurs pieds laissent des traces sur le sable; nous finirons bien par savoir.&amp;quot; Et elles se cachèrent dans les taillis pour les observer.&lt;br/&gt;Aussitôt que le soleil envoya ses premiers rayons chauds sur les rochers à l'entrée de la Gorge, les petits bons hommes et les petites bonnes femmes du monde souterrain, deux par deux, sortirent en se trémoussant et passèrent, selon leur coutume, sur la plate-forme rocheuse pour aller au bois.&lt;br/&gt;Alors les jeunes filles découvrirent qu'ils avaient laissé sur le sable des traces de pieds de chèvres. Cela les fit rire si fort que les nains les entendirent; en se retournant ils comprirent la trahison et rentrèrent tout attristés au fond de la Gorge. Depuis ce jour-là ils ne se sont plus jamais montrés.</description>
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