La Rose de Noël
La Rose de Noël
A la frontière franco-suisse, non loin de la ruine féodale du Landskron, aurait poussé jadis devant la croix d’un calvaire, un rosier merveilleux. Le seigneur du fief l’avait ramené de Palestine au temps des Croisades, et ce plant provenait d’un buisson de rosiers sur lequel la Vierge avait suspendu pour les sécher, les langes de son fils lors de la fuite en Egypte.
Ce rosier avait la particularité de conserver, parmi ses roses blanches épanouies de l’été, un bouton obstinément fermé, qui ne s’ouvrait qu’en hiver sous la neige, au son des carillon de la messe de minuit.
Cette rose unique rayonnait alors, tout l’office durant, d’une douce clarté, embaumant la nuit loin autour d’elle. La campagne touchée par sa lumière avait la fertilité assurée pour l’année à venir. En outre, quiconque voyait cette rose était sûr du bonheur sa vie durant...
A premier son de la cloche annonçant la fin de la messe de minuit, la rose effeuillait lentement ses pétales qui disparaissaient dans la neige immaculée sans y laisser de traces.